Journées mondiales sans téléphone

Bénéfiques pour notre santé sociale et physique ?

A l’initiative de l’écrivain français Phil Marso qui souhaitait nous faire réfléchir à l’utilisation des téléphones portables dès 2001, une journée sans téléphone mobile fut décrétée le 6 février, jour de la Saint Gaston en référence au refrain « Gaston y a l’téléfon qui son ».
Cette année, la ou plutôt les journées mondiales sans téléphone s’étendent du 3 au 9 février à l’occasion de leur 20e édition.

 

Selon les dernières statistiques publiées en 2018, alors que le nombre d’abonnements mobiles dans le monde a dépassé le nombre d’habitants de notre planète, soit plus de 7,7 milliards, plus de 94% des Français utiliseraient un téléphone portable et plus de 75% un smartphone. Le temps moyen d’utilisation de cet appareil multiusage a été estimé à 1h42 par jour en 2018, avec une moyenne de 23 connexions. Les 15-34 ans passaient quant à eux 2h16 par jour sur leur téléphone en s’y connectant en moyenne 33 fois. L’âge moyen de détention d’un 1er smartphone est estimé en 2019 à 11 ans.

Qu’en est-il, avec un tel taux d’utilisation, de notre « santé sociale » et surtout de celle de nos ados ?

En fait, il n’existe pas d’étude reconnue à ce jour qui établisse un lien de cause à effet entre l’utilisation de smartphones et la déprime ou la dépression qui peut s’emparer de certains jeunes. « Les jeunes peuvent aussi trouver en ligne le réconfort et l’amitié qu’il leur est parfois difficile de trouver dans leur quotidien » commente la journaliste Clare Wilson après avoir disséqué les 41 études ayant servi à un rapport du prestigieux King’s College de Londres. Celui-ci concluait à l’ « addiction » de 23% des jeunes à leur mobile. Une qualification inappropriée selon la journaliste. Mais tout est bien sûr une question de mesure. Nous devons, comme pour tout, nous imposer des limites pour maintenir le lien social indispensable avec nos proches et le monde réel qui nous entoure.

 

Sur le plan de notre santé physique, si les dernières recherches ne mettent pas davantage en avant des effets sanitaires négatifs avérés, le principe de précaution doit prévaloir car des études sont toujours en cours. L’ANSES qui dirige ces études en France recommande principalement de réduire l’exposition des enfants en incitant à un usage modéré du téléphone mobile et en privilégiant le recours au kit main-libre et aux terminaux mobiles de DAS les plus faibles. Le DAS ou Débit d’Absorption Spécifique évalue la quantité d’énergie absorbée par le corps exposé à des ondes électromagnétiques radiofréquences. Il est limité en France comme en Europe à 2 W/kg (watts par kg) maximum. Tous les smartphones doivent respecter cette norme. Parmi eux, nombreux sont ceux qui affichent aujourd’hui un DAS inférieur à 1W/kg.

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