J’en frissonne. Oui, mais pourquoi ?

Tremblements soudains et incontrôlables ou simplement, chair de poule. Nous reconnaissons tous ces symptômes et pouvons même, la plupart du temps, identifier leur déclencheur : un courant d’air, une variation brusque de température ou, dans un tout autre registre, une émotion intense.

Mais quelle est l’origine de cette réaction épidermique et quel est son but ? Voici, aux portes de la saison propice aux grands frissons, ce que différentes études s’accordent à reconnaître.

Notre peau est parcourue de thermorécepteurs capables de détecter des baisses de température ambiante dès -0,04° ! Lorsque ces récepteurs perçoivent une chute de la température susceptible de mettre en danger le maintien de notre température corporelle, notre corps déclenche automatiquement des contractions brèves et répétées des muscles sous notre peau – jusqu’à 12 contractions par seconde – pour réchauffer notre épiderme. Cette action permet de ne pas solliciter immédiatement notre « pompe à chaleur centrale » que constitue notre cœur et de ne pas dépenser de suite beaucoup d’énergie pour tâcher de nous réchauffer.

D’aucuns avancent également qu’il s’agirait d’un réflexe remontant à l’époque où notre pilosité était bien plus développée et où, lorsque le froid nous saisissait, nos poils se dressaient pour piéger l’air à leur racine et former une couverture isolante.

Quoi qu’il en soit, chacun s’accorde sur l’objectif poursuivi : générer une augmentation significative de la chaleur sur notre peau.

La dimension physique des frissons provoqués par une émotion est différente. S’il s’agit d’une émotion agréable, la dopamine ou hormone du plaisir serait à l’origine de ces picotements que nous appellons la “chair de poule”. Selon les personnes, certains déclencheurs émotionnels peuvent naturellement engendrer une réponse plus forte que d’autres. La musique et les films sont souvent cités en exemple.

Les expériences de peur ou de stress, lorsque l’on est face à un danger ou à une épreuve que l’on redoute, sont un autre type de déclencheur émotionnel. La décharge d’adrénaline qu’ils provoquent, pour mettre notre corps en état d’alerte, serait également à l’origine des frissons que nous pouvons ressentir. Il s’agirait ici, selon certains toujours, d’une réponse naturelle et primitive face à un danger. De la même façon que chez le chat les poils peuvent se hérisser, ou encore qu’une crête peut apparaître sur le dos des chiens qui ont peur.

Qu’en est-il alors des frissons qui semblent provenir de nulle part, sans un quelconque déclencheur physique ou émotionnel ? Ils pourraient être causés par une pathologie telle que la myoclonie ou par d’autres troubles empêchant l’organisme de réguler sa température correctement. Il va de soi que dans ce cas, il faut en parler à votre médecin.